Élections départementales : victoire UMP UDI Modem dans les Bouches-du-Rhône, débâcle dans la 13e circonscription

Avec une victoire dans 67 départements, la droite alliée au centre-droit et au centre remporte nettement les élections départementales en France. La gauche ne parvient à conserver que 34 départements, quand le FN échoue à en conquérir ne serait-ce qu’un seul. Dans les Bouches-du-Rhône, avec Un Département Gagnant, nous tournons enfin la page de 70 ans de socialisme, dont 17 de guérinisme.

Le 22 mars dernier, le premier tour des élections départementales avait déjà sonné le glas de l’ère Guérini : les candidats de gauche (dont certains clairement anti-guérinistes) ne s’étaient qualifiés que dans 14 cantons sur 29, quand la droite se maintenait dans 18. Le FN, lui, parvenait à se qualifier partout, mais le deuxième tour a illustré combien le rejet de ce parti xénophobe reste ancré dans la population : seule une triangulaire lui permet de remporter finalement le canton de Berre, à l’issue d’un scrutin marqué par de multiples recours judiciaires et autres accusations de fraude électorale.

Ceux qui prétendaient que Jean-Noël Guérini pouvaient encore gagner ont été ce soir sèchement contredits par les urnes : l’UMP-UDI-Modem remporte 16 cantons (donc la majorité absolue), quand la gauche désunie n’en conserve que 12. Il sera intéressant d’analyser dans quelques jours le vote désignant le président du Conseil départemental.

Dans l’immédiat, nous ne pouvons que regretter de voir que la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône reste de nouveau à l’écart de la vague bleue qui a caractérisé cette élection. Que ce soit sur le canton d’Istres, de Martigues, ou même d’Arles (avec la ville de Port-Saint-Louis-du-Rhône), aucun de nos binômes UMP-UDI-Modem n’est parvenu au second tour.

Pour l’expliquer, certains se contenteront de désigner la sociologie et la fatalité. Malheureusement, il y a aussi des raisons politiques à cet échec. Alors que l’alliance UMP-UDI, réalisée quasiment partout dans les Bouches-du-Rhône et en France, invitait naturellement à mettre entre parenthèses les désaccords municipaux pour relever ensemble le défi du redressement départemental, des tensions locales ont chez nous poussé UMP et UDI à jouer chacune leur partition, l’UDI abandonnant de fait le canton d’Istres à l’UMP, et l’UMP locale tournant clairement le dos au canton de Martigues. Au lieu d’unir nos forces et travailler main dans la main sur tout le territoire, le choix inverse a été opéré, sans que les militants UMP ou leur représentants aient été officiellement consultés dans le cadre statutaire d’un comité de circonscription, dont l’organisation avait pourtant été réclamée à plusieurs reprises dès le mois d’octobre 2014, en vain.

Depuis cette même date, l’UMP Saint Mitre les Remparts n’a cessé de se prononcer en faveur : 1/ de la constitution de binômes UMP-UDI ; 2/ d’une campagne UMP-UDI conjointe ; 3/ du refus de la municipalisation des élections départementales. La plupart du temps, c’est l’inverse qui s’est produit au sein de la 13e circonscription.

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Canton d’Istres / Fos-sur-Mer / Saint Mitre les Remparts

Sur le canton d’Istres, malgré une excellente campagne sur le terrain, le binôme Stekelorom-Leban a dû faire face à la division de la droite istréenne, à la disparition de l’électorat UMP fosséen, et au silence poli de l’UDI en général. Dans un contexte de forte abstention, face à un FN conquérant et à un binôme PS très implanté dans le territoire, le challenge apparaissait pourtant redoutable, et l’unité impérative.

En 2008, l’addition des scores UMP et UDF donne 19,5% à Fos-sur-Mer (1479 voix), 15% à Istres Sud (2159 voix) et 30,7% à Saint Mitre les Remparts (897 voix). Toujours présidé par Jean-Marie Le Pen, le FN ne joue alors que les rôles secondaires avec respectivement 6,2%, 7,8% et 8% des voix.

En 2015, le binôme UMP-UDI réalise 8,6% à Fos-sur-Mer, 12,4% à Istres et 26,9% à Saint Mitre les Remparts. Soit une dégringolade totale à Fos-sur-Mer, qui divise son score par plus de la moitié et où la faiblesse de l’UMP apparaît à la fois flagrante et préoccupante. La casse est limitée à Istres, aidée par l’apport des quartiers d’Istres Nord, et à Saint Mitre les Remparts, où l’UMP-UDI tient son rang. Il est significatif de noter que contrairement à 2008, UMP et UDI collectent davantage de suffrages à Saint Mitre les Remparts (620 voix) qu’à Fos-sur-Mer (518 voix), dont la population est pourtant trois fois supérieure en nombre. Une inversion démographiquement surprenante !

Quant au FN, il rassemble en 2015 37,7% des électeurs à Fos-sur-Mer, 38,1% à Istres, et 37,2% à Saint Mitre les Remparts. Par rapport à 2008, c’est donc à Saint Mitre que la progression est la plus faible (+29,2), alors que c’est à Fos qu’elle est la plus importante (+31,5). Dans cette ville, la porosité entre l’électorat FN et UMP semble être devenue particulièrement forte : les 26% réunis par la liste UMP-UDI aux élections municipales de 2014 n’avaient en effet été obtenus qu’à la faveur de l’absence de liste FN. Ces élections départementales donnent à voir plus finement la jauge de l’électorat UMP-UDI.

Pour rappel, au premier tour des élections présidentielles de 2012, Nicolas Sarkozy réunissait pourtant toujours 18,8% des électeurs à Fos-sur-Mer, 21,3% à Istres et 26,3% à Saint Mitre les Remparts.

Lors de ces départementales, sur l’ensemble du canton, la division a ainsi empêché les résultats d’être à la hauteur des efforts déployés par nos candidats.

Au deuxième tour, le duel FN / PS tourne facilement à l’avantage du binôme socialiste, qui l’emporte par 56,1% des voix. Le FN n’est légèrement majoritaire qu’à Saint Mitre les Remparts, signe d’un plus fort rejet de la gauche dans cette ville.

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Canton de Martigues / Port-de-Bouc

Sur le canton de Martigues, le binôme Di Maria-Wojtowicz a dû faire face sur le terrain, les réseaux sociaux et dans la presse, à des tirs de barrage de la part de ceux qui, considérant le canton perdu d’avance, ne se sont pas contentés d’une stricte neutralité, mais en ont profité pour instrumentaliser le scrutin et régler des comptes municipaux, au mépris des électeurs et de la dynamique départementale. La manœuvre est allée jusqu’à soutenir activement la création d’un binôme dissident Lopez-Polydoros afin de nuire au score du binôme officiellement soutenu par l’UMP, l’UDI et le Modem.

Bilan : le binôme Di Maria-Wojtowicz réunit 19,7% des voix à Martigues (17,2% sur l’ensemble du canton), et conforte son assise locale. Mais l’addition des 5,7% captés par les dissidents aurait quasiment permis d’atteindre la barre de qualification au deuxième tour. L’union aurait apporté la dynamique nécessaire pour la franchir.

Contrairement à une élection municipale, le mode de scrutin de cette départementale imposait une forte coordination afin d’atteindre le deuxième tour. Jouer la division relevait de l’impasse tactique et du sabotage politique. Le tour de force réalisé par Martine Vassal à l’échelon départemental a été localement sciemment saboté par les rancœurs et les calculs municipaux personnels.

La désunion a ainsi privé l’UMP-UDI d’un deuxième tour qui était dans les urnes à portée de main, contrairement aux affirmations péremptoires de pseudo experts électoraux. Au deuxième tour, le résultat de cette stratégie du pire abandonne nos électeurs à un duel FN / PCF, comme lors des dernières élections législatives. Et là encore, le FN prouve son incapacité à incarner une alternative face aux communistes : le 2e tour se solde par un cinglant 41,3% vs 58,6% en faveur de la faucille et du marteau.

Face à ces dysfonctionnements, la droite et le centre devront se poser la question de leur stratégie. Soit persévérer dans la voie de la division et le spectacle scabreux des règlements de compte par voie de presse, soit la construction d’une alliance désireuse de gagner des élections et capable de s’élever au-dessus des dissensions.

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Pour aller plus loin :

=> Tableau récapitulatif des résultats dans les 29 cantons des Bouches-du-Rhône

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