Insécurité : le maire de Saint Mitre refuse d’armer la police municipale

Lors du dernier conseil municipal, le vote sur le CISPD (contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance) a été l’occasion pour notre groupe « Saint Mitre en Vie ! » d’évoquer de nouveau la question de l’équipement de notre police municipale, et notamment de son armement.

La délinquance et l’insécurité ne sont pas qu’une affaire de statistiques : nombre de faits ne sont en effet pas répertoriés dans les tableaux officiels, et Saint-Mitre-les-Remparts demeure à proximité de villes connues pour abriter des réseaux de délinquance et de criminalité qui se moquent des limites administratives : drogue, cambriolages, dégradations, incendies, sans compter les incivilités du quotidien, n’épargnent pas notre commune.

Alors que de plus en plus de maires prennent conscience des risques encourus par les policiers de terrain, qu’ils soient nationaux ou municipaux, et équipent leur police municipale en conséquence, le maire de Saint-Mitre-les-Remparts refuse catégoriquement de franchir le pas : se berçant d’illusions, elle préfère privilégier, dit-elle, « une logique de prévention », allant même jusqu’à prétendre que « quand on voit des gens armés, ça peut exciter, inciter ». Surtout, ne provoquons pas les délinquants ! Voilà la réponse sidérante qui nous a été apportée lors du dernier conseil municipal lorsque nous avons voulu savoir où en était la réflexion de madame le maire sur l’armement de notre police municipale.

Faut-il rappeler, avec le président du SDPM (syndicat de défense des policiers municipaux), que « lorsqu’ils sont sur la voie public, les policiers municipaux exercent des missions de sécurité publique qui sont les mêmes que les gendarmes ou les gardiens de la paix » ? Il y a aussi des réalités à avoir en tête : sur les 250 000 gendarmes et policiers nationaux, seuls 5000 sont sur la voie publique. Sur les 20 000 policiers municipaux, 10 000 sont sur la voie publique. Bilan : 2/3 des agents sur la voie publique sont des policiers municipaux. Et 43% de ces policiers municipaux sont d’ores et déjà armés. Dans les Bouches-du-Rhône, c’est le cas de la quasi totalité des villes, de toutes tendances politiques.

Contrairement à ce que prétend le maire apolitique de Saint-Mitre-les-Remparts, d’ailleurs en phase sur ce point avec le conseiller municipal PCF Jean-Jacques Lucchini, l’armement de la police municipale constitue bel et bien un dispositif de prévention et de protection, et ne s’inscrit pas dans une logique de « répression ». Soulignons au passage que si le concept de « répression » semble faire peur à beaucoup, elle est pourtant tout aussi nécessaire que la prévention.

A savoir aussi que deux tiers des homicides volontaires sur agent dépositaire de l’autorité publique ont lieu lors d’interventions en matière de code de la route, ou d’assistance à des personnes impliquées dans un différend, victimes d’agression ou de vol. Deux types de missions dévolues aux policiers municipaux, souvent premiers intervenants.

Faudra-t-il attendre un drame pour sortir la majorité municipale de son aveuglement en matière d’équipement de notre police ? « Il n’y a pas de violence aux personnes dans les statistiques de Saint Mitre », avançait encore le maire en guise d’argument. C’était quelques jours seulement avant le lâche assassinat d’un Saint Mitréen sur le territoire de la commune…

L’uniforme est une cible pour les criminels. Aujourd’hui, la politique saint-mitréenne en matière de sécurité est en-dessous de tout : les missions de nos agents ne sont pas assez diversifiées, leur équipement est insuffisant, l’amplitude horaire de leur présence sur le terrain est trop faible (fin de service à 17h). Ils sont par ailleurs en nombre insuffisant : 5 agents jusqu’en 2013, et seulement 4 depuis le départ de l’ancien chef de la police. Deux d’entre eux s’apprêtent en outre à quitter Saint-Mitre-les-Remparts pour rejoindre Fos-sur-Mer, où ils trouveront sans doute de bien meilleures conditions de travail. Combien de temps faudra-t-il pour les remplacer ?

Ce n’est pas avec la mise en place d’un système « Saint Mitre Vigilant » (pâle copie du dispositif associatif national « Voisins Vigilants » auquel notre maire actuel ne veut pas être affilié), et par ailleurs réduit essentiellement à une fonction statistique, que nous allons compenser un manque de volonté politique flagrante sur un sujet qui est pourtant au cœur des préoccupations de nos concitoyens.

Nous continuerons à défendre la remise à plat, redéfinition et développement des missions de notre police municipale. Un maire doit savoir assumer toutes ses responsabilités en la matière.

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Pour aller plus loin :

=> Armement et police municipale : informations de base

=> Décret n°2013-550 relatif à l’armement des agents de police municipale

=> A ÉCOUTER : interview de Cédric Michel, président du SDPM

=> « Nous ne voulons pas être des cibles vivantes. » Le Figaro, 28 avril 2015

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Une réflexion sur “Insécurité : le maire de Saint Mitre refuse d’armer la police municipale

  1. Pingback: La police municipale démantelée à Saint-Mitre-les-Remparts « Vincent Goyet

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