Désaccords en série pour le dernier conseil municipal de l’année

Après 2 mois et demi sans conseil municipal, seuls 14 points étaient inscrits hier à l’ordre du jour de la traditionnelle réunion des élus à Saint-Mitre-les-Remparts. Mais des finances au PLU en passant par la gestion du personnel et les rythmes scolaires, ils ont suffi à rappeler l’ampleur des désaccords qui opposent majorité et opposition. Quant à la presse, elle était à nouveau la grande abstente, ayant manifestement renoncé à informer les Saint-Mitréens sur les débats locaux.

Ce sont les décisions municipales transmises aux élus qui ont été l’occasion des premières remarques : deux procédures judiciaires supplémentaires opposent la mairie à des cadres municipaux. Le management cynique et brutal imposé aux agents est encore rappelé par la procuration que l’ancien adjoint en charge du personnel, après avoir quitté une majorité dont il désapprouve les méthodes, apporte désormais systématiquement au groupe « Saint Mitre en Vie ! ». Des agents épuisés, écœurés, placardisés, réduits à quitter la ville et/ou à tenter de se défendre devant la Justice, voilà la triste réalité de notre commune. Et ce n’est pas fini : dans un courrier transmis aux élus le lendemain du conseil, c’est encore un cadre qui dénonce chez le maire et ses adjoints « la contradiction entre les mots que vous utilisez et les actes que vous posez » et un « cynisme sans égal ». Il ne s’agit malheureusement pas d’un cas particulier.

Sur une décision budgétaire modificative (point n°2), Vincent Goyet souligne que malgré les inquiétudes réelles qui pèsent sur les coûts d’une métropole marseillaise synonyme d’empilement administratif, la ville de Saint-Mitre-les-Remparts devient bénéficiaire du fonds national de péréquation intercommunal, alors qu’elle était contributrice au sein de la très riche CAPM : ce sont 300 000 € supplémentaires qui viennent abonder le budget communal. Mais le conseiller municipal s’étonne qu’à nouveau, cet excédent n’apparaisse pas clairement en tant que tel dans une présentation budgétaire totalement technique et sans lien avec la réalité des dépenses. « Votre gestion est sans vision. Nous connaissons l’ampleur des hausses de prélèvements et des excédents, nous vous demandons une baisse de la fiscalité pour les Saint-Mitréens ». Ricanements dans la majorité.

Nouveau bras de fer fiscal avec l’instauration d’une nouvelle redevance (point n°3) : « Quelle nécessité de taxer les entreprises qui viennent réaliser des travaux sur nos réseaux de gaz et d’électricité ? » interroge Vincent Goyet. « Vous êtes sérieux ? » S’étrangle le maire. « Évidemment que je suis sérieux : dès que vous voyez une nouvelle taxe possible, vous sautez dessus pour l’instaurer à son maximum, sans nécessité budgétaire. Taxe sur les enseignes, crèche, garderie, cantine, TOEM, redevances diverses : c’est un véritable déluge fiscal ! » Vote Contre.

Au point n°5, Catherine Stekelorom prend la parole pour regretter le vote d’un énième règlement intérieur du service d’accueil périscolaire (déjà modifié en juillet 2016) mais qui ne règle toujours pas efficacement la question de la prise en charge des élèves de la classe Ulis et de la formation des personnels amenés à encadrer les enfants bénéficiant d’un PAI (projet d’accueil personnalisé). Vote Contre.

Le conseil municipal s’apaise pour les points 6 à 12, adoptés sans débat, quasiment toujours à l’unanimité.

Il s’enflamme à nouveau avec le vote du projet n°13 : la demande d’aide financière au département pour financer tous les projets d’investissements programmées entre 2017 et 2019, la première tranche présentée au conseil municipal comprenant les premières étapes de 13 projets, pour un montant de 1,25 million d’euros.

Vincent Goyet fait remarquer que pour justifier un projet de maison des associations aux Plaines d’Arnète, le maire fait elle-même le bilan désastreux des modalités qu’elle a choisies pour les nouveaux rythmes scolaires et activités périscolaires dans notre commune. Extrait de la note descriptive du projet : « En 2014, lors de la mise en place de la réforme du temps périscolaire, de nombreuses associations ont pâti de cette réorganisation en perdant notamment des adhérents et certains créneaux horaires, le tout étant fort préjudiciable pour le maintien de leurs activités hebdomadaires »… Faut-il à nouveau rappeler que nous avions prévenu le maire, à qui était seulement imposé un enseignement sur 8 ou 9 demi-journées, dont 5 matinées, mais qui garde le choix total des heures d’entrée et sortie des classes, et qui est seul décideur en matière d’activités périscolaires ? Ce fiasco et cette désorganisation étaient prévisibles et évitables. Sans compter l’explosion des coûts pour les parents.

Mais ce sont plusieurs projets issus du PLU qui posent le plus problème : « Le PLU ne sera adopté au mieux que dans plusieurs mois, comment pouvez-vous aujourd’hui mépriser l’enquête publique en cours, l’avis du commissaire-enquêteur, du préfet, de la population, et engager dès maintenant des demandes de subventions qui valident de fait certains projets parfaitement aberrants ? Vous prévoyez sans nécessité 80 logements collectifs au balcon de Calieux, un site totalement inapproprié. En plus de défigurer la vue sur Saint-Mitre-les-Remparts, vous devez élargir la route et donc creuser la colline, ce qui vous conduit à nous proposer ce projet d’un mur de soutènement de 80 m pour empêcher que la colline et la résidence de tourisme ne s’effondrent, pour un coût prévisionnel de 420 000 euros : c’est du délire. »

Stupéfaction aussi avec les réponses apportées à chaque question, notamment sur le financement d’un gymnase mutualisé entre la commune et le futur collège privé. « Madame le maire, je suis étonné par ce montant de 685 000 €, pouvez-vous nous expliquer le projet de financement de l’ensemble de cette opération ? » « Il n’y en a pas, ce n’est qu’un projet… » Comment mieux illustrer l’amateurisme qui semble le marqueur d’une majorité sans réponses, et qui anticipe inconsidérément l’issue d’un PLU qui suscite de nombreuses réactions dans la population ? Le cahier de l’enquête public à disposition de la population déborde déjà. Vote Contre.

Le dernier point du conseil municipal concerne à nouveau un projet d’extension urbaine, avec notamment la construction de 300 logements collectifs en entrée de ville, côté Martigues, le long de la voie rapide et à flanc de colline (Anglons, Plein Sud, Fasse Grigan). Vincent Goyet : « Là encore, le nombre de logements que vous inscrivez dans les OAP du PLU dépasse largement vos propres estimations des besoins à horizon 2030, puisque vous n’avez pas retranché les 225 logements réalisés entre 2011 et 2016, contrairement à ce que vous prétendiez le 7 juillet dernier devant ce même conseil municipal. Quant au 3e groupe scolaire (maternelle et primaire), un aménagement équilibré impose de le bâtir dans le quartier de Varage-Massane, que vous laissez complètement à l’écart. » Le maire : « C’est votre opinion. » Vote Contre.

Total des 14 votes du groupe Saint Mitre en Vie : 9 Pour, 4 Contre, 1 abstention.

A l’issue de conseil municipal, Catherine Stekelorom reprend la parole pour protester contre l’absence de calendrier des prochains conseils municipaux, que nous n’apprenons qu’avec l’envoi de la convocation, 5 jours ouvrés avant. Refus du maire : « Quand vous avez les dates, vous faites des commentaires sur les réseaux sociaux. Donc vous n’aurez plus les dates ! » Une réaction totalement sectaire et antidémocratique, indigne d’un maire.

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Vincent Goyet, Catherine Stekelorom, Pierre Michel

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